Quand on parle de cancer de la prostate, on entend souvent les termes biopsie, IRM ou même test APS. Mais un mot revient de plus en plus souvent: biomarqueurs.
Présents dans le sang, les tissus ou dans l’urine, ces indices biologiques aident non seulement à mieux comprendre l’évolution du cancer, mais aussi à personnaliser les traitements.
Dans cet article, nous verrons:
- Ce qu’est un biomarqueur et à quoi il sert;
- Les principaux biomarqueurs utilisés dans le cancer de la prostate et comment ils influencent les décisions de traitement;
- Les nouveaux biomarqueurs en développement.
Révision médicale par le l’uro-oncologue Dr Paul Toren, décembre 2025.
Qu’est-ce qu’un biomarqueur ?
Un biomarqueur est une substance mesurable dans le corps, comme une protéine, un gène ou un fragment de cellule, qui donne de l’information sur un processus biologique ou une maladie.
Dans le cas du cancer de la prostate, les biomarqueurs aident les professionnels de la santé à:
- Détecter la présence du cancer;
- Prédire son évolution;
- Choisir le traitement le plus approprié;
- Évaluer la réponse aux traitements.
Les biomarqueurs les plus connus dans le cancer de la prostate
L’APS (antigène prostatique spécifique)
Il s’agit du biomarqueur le plus utilisé. Son taux est surveillé régulièrement pour évaluer la réponse au traitement ou détecter une récidive. Toutefois, ce biomarqueur à lui seul n’est pas suffisant pour avoir un portrait juste de la situation. Un taux d’APS élevé ne signifie pas toujours un cancer et un bas taux n’élimine pas un cancer agressif.
Biomarqueurs génétiques et moléculaires
Certaines analyses récentes permettent d’examiner les gènes présents dans les cellules cancéreuses. En étudiant leur activité, les médecins peuvent évaluer le comportement probable du cancer: sera-t-il lent ou plus agressif?
Ces tests peuvent:
- Éviter un traitement lourd et opter pour une surveillance active si le cancer évolue lentement;
- Orienter vers un traitement plus précoce ou plus intensif si le risque est plus élevé.
Ils permettent ainsi d’offrir un suivi plus précis, plus personnalisé, tout en évitant les traitements inutiles ou insuffisants.
Biomarqueurs émergents
En cours d’étude ou récemment introduits dans la pratique médicale, ces biomarqueurs ouvrent la voie à une médecine plus personnalisée et précise. Ils peuvent être détectés dans le sang, dans l’urine, dans les cellules tumorales ou circuler sous forme de fragments d’ADN tumoral, ce qu’on appelle biopsie liquide.
Ces nouveaux outils, bien qu’ils ne soient pas encore utilisés partout, pourraient permettre de:
- Suivre l’évolution du cancer en temps réel, sans avoir besoin de refaire une biopsie invasive;
- Détecter très tôt une récidive, parfois même avant que le taux d’APS ne se mette à augmenter;
- Évaluer la résistance ou la sensibilité à certains traitements, comme l’hormonothérapie, la chimiothérapie, ou les traitements ciblés; Par exemple, certains biomarqueurs émergents peuvent indiquer si une personne répondra mieux à des traitements innovants comme les inhibiteurs de PARP ou les thérapies ciblées contre les mutations génétiques.
- Identifier des anomalies génétiques spécifiques qui pourraient permettre d’accéder à de nouveaux traitements, notamment dans les essais cliniques.
Ces nouvelles analyses offrent un regard plus fin sur la maladie, permettent des ajustements en cours de traitement, et pourraient un jour remplacer ou compléter les tests classiques comme l’APS.
Les biomarqueurs en bref
- Les biomarqueurs aident à mieux comprendre, suivre et traiter le cancer de la prostate.
- Le taux d’APS reste utile, mais d’autres biomarqueurs offrent une vue plus précise du comportement du cancer.
- Certains tests génétiques permettent d’adapter les traitements selon le profil biologique de la tumeur.
Ils contribuent à développer une médecine plus personnalisée, efficace et adaptée à chaque patient.
Prochaines étapes possibles:
- Parler à votre équipe médicale des tests disponibles selon votre situation;
- Demander si des tests génétiques ou moléculaires pourraient être utiles;
- Évaluer si une surveillance active, un traitement ciblé ou une participation à un essai clinique est envisageable;
- Vous informer régulièrement des nouvelles avancées, car ce domaine évolue très rapidement.
Chez PROCURE, nous croyons que mieux comprendre, c’est mieux vivre avec la maladie. Nos professionnels sont là pour vous accompagner et répondre à vos questions et ce, 7 jours par semaine. Communiquez avec nous au 1 855 899-2873 ou visitez notre site procure.ca
