Le cancer de la prostate est malheureusement l’un des plus fréquents chez les hommes. Heureusement, la médecine dispose aujourd’hui de puissants outils pour le détecter, le surveiller et mieux le traiter. Parmi eux, deux termes reviennent souvent: l’APS (antigène prostatique) et le PSMA (antigène membranaire spécifique de la prostate).
Bien que leurs noms puissent se ressembler, ces deux marqueurs remplissent des rôles bien différents et surtout complémentaires. Cet article vous aidera à comprendre:
- Le rôle de l’APS et ce qu’un dosage hors norme peut signifier;
- Le rôle du PSMA et comment il permet de visualiser les cellules cancéreuses;
- Les différences entre l’APS et le PSMA.
Révision médicale par le l’uro-oncologue Dr Nawar Hanna, décembre 2025.
L’APS: un marqueur d’alerte dans le sang
Comme outil de dépistage
L’APS ou antigène prostatique spécifique est une protéine naturellement produite par la prostate. Son rôle premier est d’aider à fluidifier le sperme, mais on peut aussi la retrouver en petite quantité dans le sang.
Lorsque la prostate est perturbée par inflammation, un grossissement bénin comme une hypertrophie bénigne, ou un cancer, le taux d’APS dans le sang peut augmenter.
C’est pourquoi le dosage d’APS par une simple prise de sang est souvent le premier examen proposé par un médecin lorsqu’on veut surveiller la santé de la prostate. Cependant, il faut garder à l’esprit que:
- Un taux élevé d’APS ne signifie pas nécessairement un cancer;
- Un cancer peut exister même avec un taux d’APS normal.
En d’autres mots, l’APS agit comme un signal d’alerte, mais pas comme un diagnostic à lui seul. Il doit être interprété à la lumière d’autres examens complémentaires, comme un toucher rectal, une IRM ou une biopsie, selon les recommandations du médecin.
Comme outil de suivi pendant et après un traitement
Pendant un traitement, le taux d’APS sera mesuré de façon périodique pour juger de la réponse du cancer au traitement.
Après un traitement, qu’il s’agisse d’une opération, d’une radiothérapie ou d’une hormonothérapie, le taux d’APS devrait diminuer et se stabiliser. Par la suite, si des analyses sanguines révélaient à plusieurs reprises une augmentation significative de votre taux d’APS, de tels résultats indiqueraient fort probablement une récidive de la maladie qui pourrait exiger d’autres traitements.
Le PSMA: à la fois une cible et un traitement
Une cible très spécifique au cancer
Le PSMA (antigène membranaire spécifique de la prostate) est une protéine qui se trouve à la surface des cellules de la prostate. Ce qui la rend particulièrement utile, c’est que les cellules cancéreuses de la prostate en produisent beaucoup plus, surtout dans les formes agressives ou avancées de la maladie.
Grâce à cette particularité, les médecins peuvent aujourd’hui repérer les cellules cancéreuses avec une grande précision à l’aide d’un examen d’imagerie de pointe: la TEP-Scan PSMA (PET-Scan).
Comment ça fonctionne?
Un traceur radioactif est injecté dans l’organisme et se fixe sur les cellules qui produisent le PSMA. Les images obtenues permettent de localiser exactement où se trouvent les tumeurs, même les toutes petites métastases qu’un scanner ou une IRM pourraient ne pas détecter.
Cet examen est particulièrement utile:
- En cas de récidive après un traitement;
- Quand l’APS est élevé, mais que les autres examens sont normaux;
- Pour évaluer l’étendue du cancer avant de choisir un traitement.
Le PSMA en traitement: une radiothérapie ciblée
Le PSMA ne sert pas qu’à voir le cancer: il peut aussi aider à le traiter. Certains médicaments, comme ceux à base de Lutétium-177, peuvent se lier spécifiquement aux cellules qui expriment le PSMA. Ces traitements libèrent une petite dose de radiation directement dans la tumeur, sans abîmer les tissus sains environnants.
Cette approche appelée thérapie ciblée par radioligand est très prometteuse et représente un véritable espoir, surtout pour les cancers avancés qui ne répondent plus aux traitements traditionnels.
APS et PSMA: quelles différences?
| Caractéristique | APS | PSMA |
| Localisation | Dans le sang | À la surface des cellules prostatiques |
| Utilité | Dépistage, suivi | Imagerie avancée, traitement ciblé |
| Spécificité | Moyenne | Très spécifique au cancer |
| Accessibilité | Simple prise de sang | Examen spécialisé |
En conclusion
L’APS et le PSMA ne sont ni concurrents, ni interchangeables. Ils jouent des rôles distincts à différentes étapes du parcours de soins. Le premier est souvent le point de départ qui sert à détecter et surveiller d’éventuelles anomalies. Le second, une boussole de précision, aide à visualiser et traiter les cellules cancéreuses de façon plus ciblée.
Si vous êtes inquiet à propos du cancer de la prostate avancé ou métastatique ou si vous souhaitez simplement mieux comprendre vos options, parlez-en avec votre médecin. Celui-ci pourra vous orienter vers les examens ou les traitements les plus appropriés à votre cas.
Chez PROCURE, nous croyons que mieux comprendre, c’est mieux vivre avec la maladie. Nos professionnels sont là pour vous accompagner et répondre à vos questions et ce, 7 jours par semaine. Communiquez avec nous au 1 855-899-2873 ou visitez notre site procure.ca
