L’hormonothérapie est l’un des traitements les plus fréquemment utilisés dans le cancer de la prostate avancé ou récidivant. Il existe plusieurs façons de l’administrer, toutes visant à réduire les hormones androgènes, comme la testostérone, qui stimulent la croissance des cellules cancéreuses. Dans cet article, nous nous concentrerons plus précisément sur deux approches: l’hormonothérapie continue et l’hormonothérapie intermittente.
Cela vous permettra de mieux comprendre:
- Les deux approches d’hormonothérapie;
- Leur mode de fonctionnement;
- Les situations dans lesquelles ils sont indiqués;
- Leurs avantages et leurs inconvénients.
Révision médicale par le l’uro-oncologue Dr Paul Toren, décembre 2025.
L’hormonothérapie continue: une suppression prolongée
Recevoir un diagnostic de cancer de la prostate soulève inévitablement de nombreuses questions, notamment lorsqu’on vous parle d’un traitement par hormonothérapie continue.
Derrière ce terme technique se cache une approche éprouvée: ralentir la progression du cancer en agissant sur une de ses principales sources d’énergie: la testostérone.
Comment fonctionne-t-elle?
Le cancer de la prostate est hormono-sensible, c’est-à-dire qu’il a besoin de testostérone pour se développer. Voyez la testostérone un peu comme l’essence qui alimente le moteur de votre cancer de la prostate.
L’hormonothérapie continue agit en abaissant drastiquement le taux de cette hormone dans le corps. Deux méthodes peuvent être utilisées:
- Bloquer la production de testostérone avec des injections ou des implants;
- Empêcher l’action de la testostérone sur les cellules cancéreuses à l’aide de comprimés.
Ce traitement est appelé « continu », car il est administré sans interruption, souvent pendant plusieurs années.
Dans quels cas est-elle indiquée?
Cette approche est souvent utilisée:
- Pour un cancer métastatique;
- Si le cancer réapparaît après un traitement initial (chirurgie ou radiothérapie);
- En association avec d’autres traitements comme la radiothérapie, pour augmenter leur efficacité;
- Chez certains patients plus âgés ou fragiles, lorsqu’une chirurgie n’est pas envisageable.
Chaque plan de traitement est adapté à la situation du patient, selon le stade du cancer, son agressivité et la santé globale.
Les avantages et les inconvénients
Comme tout traitement, l’hormonothérapie continue comporte plusieurs avantages, mais peut entraîner certains effets secondaires, souvent liés à la baisse de testostérone.
Avantages
- Ralentit considérablement l’évolution du cancer et permet d’envisager d’autres traitements ultérieurement;
- Peut stabiliser la maladie pendant de nombreuses années;
- Soulage certains symptômes, notamment liés aux métastases osseuses;
- Réduit la taille des tumeurs et donc le taux de APS (antigène prostatique);
- Est relativement simple à administrer (injections à intervalles mensuels selon le protocole établi ou prise quotidienne de comprimés).
Inconvénients
- Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes;
- Baisse de la libido et troubles de l’érection;
- Fatigue persistante;
- Perte de masse musculaire;
- Prise de poids;
- Changements d’humeur, anxiété ou irritabilité, difficultés de sommeil;
- Fragilisation des os (ostéoporose);
- Changements métaboliques (ex. profil cholestérol, lipides) ou hypertension
Ces effets secondaires sont connus et suivis de près. Votre équipe médicale peut vous proposer diverses stratégies: exercice physique adapté, soutien psychologique, alimentation équilibrée ou traitements complémentaires.
L’hormonothérapie intermittente: des pauses pour mieux récupérer
L’hormonothérapie intermittente offre une alternative plus souple et personnalisée, pensée pour contrôler la maladie tout en préservant la qualité de vie.
Comment fonctionne-t-elle?
Comme la forme continue, l’hormonothérapie intermittente vise à réduire le taux de testostérone dans le corps. La différence? Elle alterne des périodes de traitement actif et des périodes de pause, appelées « fenêtres thérapeutiques ».
Pendant les phases de traitement, les injections ou comprimés abaissent le taux de testostérone. Lorsque le taux d’APS (un marqueur sanguin du cancer) diminue suffisamment, le traitement est interrompu et n’est repris que si l’APS remonte au-delà d’un certain seuil. Le corps peut alors profiter de ces périodes de pause pour récupérer.
À qui s’adresse-t-elle?
Ce type de traitement peut convenir:
- En cas de récidive, avec hausse de l’APS après chirurgie ou radiothérapie;
- Pour un cancer avancé mais stable, chez des patients sélectionnés;
- Lorsque l’on souhaite réduire les effets secondaires à long terme de l’hormono continue sans compromettre l’efficacité du traitement;
Elle convient particulièrement aux hommes dont le cancer progresse lentement, ou chez qui le taux de l’APS reste sous contrôle pendant les pauses.
Les avantages et les inconvénients
Avantages
- Réduit les effets secondaires liés à la privation hormonale durant les périodes de pauses:
- Redonne de l’énergie et réduire la fatigue;
- Améliore la libido et la fonction sexuelle;
- Préserve la masse musculaire et la solidité des os.
- Favorise un meilleur moral, une concentration accrue et un meilleur sommeil.
- Pourrait retarder l’apparition de la résistance au traitement, prolongeant ainsi son efficacité dans le temps.
Inconvénients
- Ne convient pas à tous les patients;
- Retour des effets secondaires dès la reprise du traitement et tous les hommes ne récupèrent pas complètement leurs fonctions pendant les pauses.
- Nécessite un suivi médical étroit (bilans sanguins, APS, examens cliniques).
- Demande une bonne compréhension du protocole, puisque la reprise du traitement dépend des résultats;
- Certains patients peuvent ressentir de l’anxiété durant les pauses, même si le cancer est sous contrôle.
Hormonothérapie continue ou intermittente?
Les études montrent que pour certains patients sélectionnés, l’hormonothérapie intermittente peut être aussi efficace que la thérapie continue, sans compromettre la survie globale.
Toutefois, puisque chaque patient est unique, le choix dépend de:
- L’étendue de la maladie (ex. l’hormonothérapie continue est souvent préférée pour des patients avec des métastases visible à l’imagerie);
- La vitesse de progression et le grade du cancer (ex. score de Gleason);
- Le taux d’APS;
- L’état de santé général et les préférences du patient;
Cette décision se prend avec votre équipe médicale, afin de trouver le juste équilibre entre efficacité et qualité de vie.
En conclusion
L’hormonothérapie demeure un pilier du traitement du cancer de la prostate. Continue ou intermittente, chaque approche a ses avantages et répond à des besoins différents.
L’essentiel est de comprendre clairement les objectifs, les bénéfices et les effets secondaires pour participer activement aux décisions entourant votre traitement.
Si votre médecin envisage une hormonothérapie, prenez le temps de poser toutes vos questions sur la durée du traitement, les effets secondaires possibles et les moyens de les atténuer. Discutez aussi de vos priorités et de votre mode de vie, afin que le plan de traitement soit réellement adapté à votre situation.
Chez PROCURE, nous croyons que mieux comprendre, c’est mieux vivre avec la maladie. Nos professionnels sont là pour vous accompagner et répondre à vos questions, et ce, 7 jours par semaine. Communiquez avec nous au 1 855 899-2873 ou visitez notre site procure.ca
